Color Selector

default niceblue intenseblue otherblue blue puregreen grassgreen green olive gold orange pink fuchsia violet red

Container Selector

Article

La critique en règle du Défenseur des droits contre la politique migratoire de la France

jai-fait-un-reveDans un article réservé à ses abonnés, Médiapart rapporte que Jacques Toubon vient de dresser un bilan accablant de la manière dont l’État français traite les étrangers vivant dans le pays depuis trente ans.
Le site détaille les conclusions les plus éclairantes de ce rapport de plus de 300 pages au regard de l’exode que connaît l’Europe depuis un an.
« Derrière des considérations générales sur une France qui discrimine, il s’agit d’une critique hautement politique de tous les aspects de l’action menée dans ce pays depuis trente ans à l’égard des étrangers »

Extraits :
Mis en ligne le 9 mai 2016, ce rapport exhaustif sur « Les droits fondamentaux des étrangers en France » n’a fait l’objet d’aucune réaction de la part du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, pourtant comptable des décisions de l’exécutif en matière d’asile et d’immigration. Mais pourraient tout autant être appelés à la barre ses prédécesseurs, de Manuel Valls, sous le même quinquennat, à Brice Hortefeux en passant par Nicolas Sarkozy, Éric Besson et Claude Guéant, pour ne parler que de la décennie passée… »
« …la dégradation est telle, indique Jacques Toubon, qu’elle se traduit par une « banalisation, dans les esprits et dans le droit, du traitement différencié des individus en raison de leur nationalité ». Autrement dit, les discriminations sont si ancrées dans le fonctionnement de l’État que les Français finissent par s’y habituer. Telle est l’une des principales conclusions du rapport : les étrangers ne sont pas victimes de quelques mesures défavorables à leur encontre, mais d’un dispositif législatif restreignant systématiquement leurs droits, jusqu’à provoquer une forme d’indifférence à leur sort… »
« … le Défenseur rappelle que les évolutions législatives s’inscrivent dans un espace public saturé de présupposés entretenus, en grande partie, par les responsables politiques et médiatiques du pays. Attirés par les prestations sociales, les immigrés seraient trop nombreux et inintégrables dans la société française : telle est en substance l’une des idées reçues les plus véhiculées … » « …Jacques Toubon prend indirectement le contre-pied du premier ministre Manuel Valls qui a récemment déclaré, en vue de l’élection présidentielle de 2017, que « bien sûr, il y a l’économie et le chômage, mais l’essentiel, c’est la bataille culturelle et identitaire ».
« L’immigration est un fait social consubstantiel à la construction de la France et d’une partie de l’Europe. Aucune période de l’histoire de l’immigration, aussi intense soit-elle, n’a modifié le socle des valeurs républicaines communes », affirme le Défenseur des droits pour tenter de déconstruire le préjugé selon lequel « la forte présence d’étrangers en France serait de nature à remettre en cause “l’identité nationale”.
Il s’attaque ensuite à la notion, injustifiée selon lui, d’appel d’air selon laquelle une politique respectueuse des droits des étrangers favoriserait une immigration massive particulièrement coûteuse. Cela n’est pas le cas, martèle-t-il, rappelant que les étrangers sont plutôt concernés par le problème inverse qui consiste à ne pas recourir à leurs droits, par manque d’information et en raison des difficultés pour y accéder… »
« …Concernant les droits attachés à la présence sur le territoire, les conclusions du Défenseur sont sans appel : « Depuis de nombreuses années se dégage une tendance à la précarisation du séjour des étrangers, prévue directement par les textes mais également relayée par les pratiques illégales de certaines administrations (…). Cette fragilisation est susceptible d’emporter des atteintes aux droits fondamentaux des étrangers, atteintes qui s’avèrent d’autant plus graves qu’elles affectent parfois des catégories de personnes particulièrement vulnérables… »

Découvrir Médiapart
découvrir le rapport de Jacques Toubon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Tenter de trouver avec notre prochain un terrain commun d’humanité
« Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils soient. Un temps de partage de notre amitié, de notre joie. [...] Un temps de prière, aussi : attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment- là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre-ensemble. »
Père Jacques Hamel
dans le bulletin paroissial de l’église Saint-Étienne, en juin, avant son assassinat
La compassion est en train de quitter notre monde

" "A ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l'agapê des chrétiens.
Aujourd'hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. A petits pas. Insidieusement. Or, avec la compassion, c'est le bonheur de vivre qui s'en va. Disons même la gaieté.
Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos "fêtes" sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l'époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l'esprit.
La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c'est celle de l'aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous "engagent".
Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens."

Paroles partagées par Jean-Claude Guillebaud en conférence en 2015 à Briec-de-l'Odet (29).