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N’est-ce pas nous qui sombrons…

migrantsToute vraie Parole est Poésie… Est-ce à dire qu’elle est un luxe ? Et si le poète voulait nous donner à entendre, par le dedans, avec ses mots à lui, comment la vérité du monde le rejoint et l’interroge ? N’est-ce pas là le plus court chemin pour dire le mystère des êtres au cœur de chacun et rejoindre celui et celle qui, dans la gravité de sa vie, appelle à la solidarité ? Voici un texte de Jean Lavoué, écrivain et poète morbihannais, qui nous ouvre autrement au drame des migrants. Avec délicatesse, il vient effleurer nos consciences… Saurons-nous entendre son pressant murmure ? Dans le chaos et les soubresauts du monde dont nous nous faisons souvent l’écho sur ce site, nous vous proposerons, de temps à autre, ses textes : ils ciblent directement notre cœur et notre conscience… dans le silence, là où, loin des verbiages et des fureurs, l’Esprit frappe à nos portes. Parole de Feu qui se propose et nous invite à écouter et à lire autrement… Que ces textes soient, pour chacun de nous, chemin d’intériorité et pause,  loin des agitations, des agirs et des effervescences de nos vies. Belle et bonne journée ! N’est-ce pas nous qui sombrons Si nos frères meurent sur nos rivages Si nous n’avons pas su partager le trop-plein Ce que nous avions ce que nous savions Si nous n’avons pas su les aider A vivre en paix sur leurs terres A ouvrir leurs propres voies A entreprendre leur propre déploiement Et à trouver leurs propres chants Si nous nous sommes emparés De leurs vies et de leurs richesses Et si nos cœurs restent vides à présent Quand ils se noient sous nos yeux N’est-ce pas nous qui sombrons Si nous ne leur tendons pas une main secourable Si nous n’envisageons pas l’avenir avec eux Jean Lavoué L’enfance des arbres 

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Tenter de trouver avec notre prochain un terrain commun d’humanité
« Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils soient. Un temps de partage de notre amitié, de notre joie. [...] Un temps de prière, aussi : attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment- là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre-ensemble. »
Père Jacques Hamel
dans le bulletin paroissial de l’église Saint-Étienne, en juin, avant son assassinat
La compassion est en train de quitter notre monde

" "A ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l'agapê des chrétiens.
Aujourd'hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. A petits pas. Insidieusement. Or, avec la compassion, c'est le bonheur de vivre qui s'en va. Disons même la gaieté.
Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos "fêtes" sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l'époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l'esprit.
La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c'est celle de l'aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous "engagent".
Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens."

Paroles partagées par Jean-Claude Guillebaud en conférence en 2015 à Briec-de-l'Odet (29).