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Nicolas Hulot : « Avec les migrants, où est passée notre humanité ? »

migrants-tabghaDans une tribune du journal Le Monde, Nicolas Hulot (producteur,écrivain et président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme) nous propose un texte essentiel où il ne parle pas « écologie », mais où il parle « migrants ».
Dans cet écrit, il critique fortement la gestion de la crise migratoire en Europe. Il conclut en prophète : « Maudits soient nos yeux fermés ! Ce qui nous fait défaut, ce ne sont pas les moyens, c’est la compassion. ».

Extraits :
« … Derrière les chiffres qui effraient et qui effacent les hommes et leurs souffrances, peut-on mettre des visages et des histoires ? Peut-on surtout réaliser que cela pourrait être chacun d’entre nous si le hasard de la loterie génétique et géographique ne nous avait pas fait naître du bon côté de la barrière ?… »
Le pire n’est pas dans l’incapacité de l’Europe à faire face à cette tragédie ordinaire, mais dans l’absence de l’expression d’une simple volonté. Pas la moindre organisation humanitaire digne de ce nom face à des horreurs annoncées et si prévisibles. L’Europe démontre, si besoin était, sa faiblesse politique et le peu de cas que nous faisons de nos valeurs… »
« …La France, jadis patrie des droits de l’homme, n’est-elle devenue que le pays de la Déclaration des droits de l’homme ? Face aux barbelés de Calais ou aux expulsions de Vintimille, on peut se le demander. Est-ce la perspective des prochaines échéances électorales qui nous tétanise au point d’en faire un contre-argument électoral ? Est-ce la peur légitime du terrorisme que nous reportons abusivement sur ce phénomène ? Sommes-nous prisonniers de nos amalgames ? La classe politique tout entière s’est peu exprimée sur le sort de ces familles. Il n’a été question que de « tri » entre les migrants économiques et les réfugiés. On a juste invoqué le ­contrôle aux frontières et agité le ­spectre de « l’appel d’air ».
« …Parfois, je me donne la nausée quand j’observe le cauchemar des migrants ou des réfugiés – peu importe le terme – et la manière progressive dont je m’accoutume à l’enfer des autres depuis des années. Suis-je le seul à céder à cette anesthésie émotionnelle? […] « Petit à petit, nous nous habituons à l’insoutenable, l’horreur s’immisce entre la poire et le fromage, sans provoquer d’émotions »…
« … Maudits soient nos yeux fermés  ! Ce qui nous fait défaut, ce ne sont pas les moyens, c’est la compassion. Je sais que les gens heureux – ni les autres d’ailleurs – n’aiment qu’on leur parle de choses tristes. La douleur des faibles se renforce de la faiblesse et de l’indifférence des nantis. »

Découvrir l’intégralité de l’ appel de Nicolas Hulot dans Le Monde
– la réflexion de La Cimade : Migration : morts, murs, tri et troc, jusqu’où ira la démission morale d’une Europe en crise ?
« Réponds Europe ! » Une réflexion de José Arregi

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Tenter de trouver avec notre prochain un terrain commun d’humanité
« Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils soient. Un temps de partage de notre amitié, de notre joie. [...] Un temps de prière, aussi : attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment- là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre-ensemble. »
Père Jacques Hamel
dans le bulletin paroissial de l’église Saint-Étienne, en juin, avant son assassinat
La compassion est en train de quitter notre monde

" "A ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l'agapê des chrétiens.
Aujourd'hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. A petits pas. Insidieusement. Or, avec la compassion, c'est le bonheur de vivre qui s'en va. Disons même la gaieté.
Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos "fêtes" sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l'époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l'esprit.
La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c'est celle de l'aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous "engagent".
Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens."

Paroles partagées par Jean-Claude Guillebaud en conférence en 2015 à Briec-de-l'Odet (29).