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Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis…. St Exupéry

egaliteA l’heure où le pape François s’épuise à appeler les chrétiens à vivre la miséricorde pour tous, à être signe de tolérance et d’ouverture pour tous les hommes, à être véritable témoin comme le Christ de la bonté du Père (« Va, moi non plus je ne te juge pas… »), un appel à signature circule sur les réseaux internet à travers une association qui a » pour objet la défense des valeurs spirituelles qui sont le fondement de notre commune civilisation européenne ». C’est déjà triste ce mélange des genres entre foi et culture, religion et civilisation. Mais ça devient inquiétant quand ce courant traditionaliste recueille plus de 250 000 signatures pour adresser une « supplique filiale au pape «  pour sauver nos familles de la révolution sexuelle qui s’est infiltrée au sein même de l’Église catholique ». Rien que ça ! Bigre ! Encouragé par le prélat, prince de l’Eglise, le cardinal ultraconservateur Raymond Burke, « ‘chef de file des pères synodaux tenants d’une ligne ferme sur la doctrine au détriment de toute ouverture pastorale » (La Croix ) qui appelle « les catholiques, les laïcs, prêtres et évêques, à s’impliquer d’ici à la prochaine assemblée synodale, afin de mettre en lumière la vérité sur le mariage. » On l’aura compris , c’est, comme il le dit , »un cri de ralliement pour vous et moi, et tous les défenseurs du mariage traditionnel afin de sauver la famille. » face aux unions homosexuelles. « Sauver la famille » : Re- rien que ça ! Re-bigre ! facismeIl y a d’autres combats plus urgents à mener. Des centaines de millions de personnes meurent de faim. L’avenir de l’humanité est en jeu avec le réchauffement climatique. Les guerres éclatent partout attisées par les soifs d’avoir et de pouvoir jamais satisfaites de quelques uns. Un sombre réseau de couleur brune (composée de la même frange de l’extrême-droite catholique ?) se tisse sur l’Europe, la menaçant d’un chaos à tous les niveaux… La liste est longue des maux occasionnés par tous ceux qui pensent détenir la vérité sur la « nature », la culture dite « chrétienne », ce que sont les « valeurs traditionnelles », bien que vides de toutes convictions, ce qu’est la loi divine, la civilisation européenne …etc… etc… A quand la tolérance à travers une humble recherche et un réel ajustement intérieur sur la joie d’une fraternité profonde, au delà des différences ? A quand la joie de voir des frères et des sœurs qui ne se sentent plus non seulement jugés et méprisés mais en plus accueillis et respectés ? A quand l’écoute fine, non de ses propres références et de ses traditions, mais de l’Esprit dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, et qui murmure la primauté de l’homme sur les institutions, celle de sa dignité sur le mépris autosuffisant de ceux qui détiennent LA Vérité… A quand une Eglise qui soit espace de tendresse et de compassion, rivage de miséricorde et de bonté, indistinctement et sans condition aucune, car, pléonasme, « la grâce est gratuite » et pour tous ? Le récent vote des irlandais sur les droits des homosexuels interroge certes, des personnes qui s’inquiètent. Tout comme ce qui va sortir du synode sur la famille. Il déstabilise avec raison tous les tenants de l’ordre social, familial religieux sérieusement remis en cause par la société aujourd’hui … Il nous faut, en Eglise, nous laisser nous interroger… Au delà de sa perte de crédibilité, par delà ses discours, ses « certitudes » et ses « valeurs » … N’est-ce pas une chance pour notre monde aujourd’hui de chercher une Parole neuve ou actualisée ? Occasion d’écouter les signes des temps pour se libérer de toutes les habitudes qui figent, enferment, sclérosent et avancer dans les eaux profondes de l’inédit de l’Esprit ? C’est sûr, « l’affront » déstabilise : autorité morale remise en cause, perte d’audience, sécularisation générale de la société, lisibilité et crédibilité du Message perdues dans les méandres théologico-pastoraux-moralisants… Oui, il y a tout cela… et, en même temps, naît d’un pape un Souffle si ténu que chacun peut l’entendre dans sa propre langue : joie, humanité, dignité, égalité, compassion, miséricorde, solidarité… une liberté et une ouverture qui déculpabilisent … un véritable dévoilement d’un Dieu vraiment Père … kairosInstant favorable, heure opportune… n’est-ce pas le moment du Kairos qui murmure au cœur de chacun, pris dans le non-sens et embarqué dans un monde déboussolé : « Que tous soient un !… Oui, que tous soient un !… Père, que tous soient un !… Nous l’entendons ainsi dans cette autre « supplique » qu’adressent des laïcs chiliens à  » l’autorité » de leur Eglise en proie à de fortes dissensions. En tant que « personnes responsables et en conscience … nous proposons comme voie de retour à une Église authentique de communion et de participation d’entamer un débat ouvert et respectueux… » Ils appellent l’épiscopat à « témoigner publiquement d’une véritable conversion pastorale, dans l’esprit des paroles du Pape François : « L’évêque doit toujours fomenter la communion missionnaire dans son Église diocésaine selon l’idéal des premières communautés chrétiennes, dans lesquelles les croyants ne faisaient qu’un seul cœur et une seule âme. (cf. Hch 4,32). À cette fin , il se trouvera parfois à l’avant pour indiquer le chemin et soutenir l’espérance du peuple, d’autres fois, il sera simplement au milieu de tous dans une proximité humble et miséricordieuse, et, en certaines occasions, il devra cheminer derrière le peuple pour aider les retardataires, et, surtout, parce que le troupeau a de lui-même le flair de trouver des chemins nouveaux. Dans cette mission d’encouragement d’une communion dynamique, ouverte et missionnaire, il devra encourager et aider à mûrir les mécanismes de participation que propose le Code de droit canon et d’autres formes de dialogue pastoral, guidé par le désir d’écouter tout le monde et pas seulement une minorité qui flatte son oreille. » Et si le nécessaire recul et une prise de hauteur pouvaient venir, non des arcanes vaticanesques mais tout simplement du sensus fidéi, de ces hommes et femmes simples, humbles et sans prétention, qui en tant que « personnes responsables et en conscience » tentent de trouver la juste mesure entre « ceux qui ont le pied sur l’accélérateur et ceux qui ont le pied sur le frein » pour avancer en unité et en vérité dans une solidarité et une fraternité la plus large possible… dans le respect des différences… Oui, nous le croyons, « le troupeau a de lui-même le flair de trouver des chemins nouveaux… » participationC‘est le désir du Pape François de  » donner aux hommes de sentir, voir et toucher le fait que Dieu est miséricordieux (qu’il pardonne) même si on est moralement de travers ». (Cardinal Ouellet) Aidons-le : en participant à la réflexion sur le synode sur la famille avec d’autres, … et en réfléchissant à deux fois, en conscience, avant de signer ce triste appel … et signez plutôt la pétition de soutien au pape François En savoir plus – En cette heure historique de l’Eglise chilienne… – analyse et commentaire du blog des religions de François Verceletto – l’analyse de l’hebdo La vie – voir ici qui est le cardinal Burke : vidéo où la tristesse se dispute avec la honte et la colère… (Ah les traditions se perdent ! ) – Les anti-François : le coup monté de la « filiale supplique » de Patrice de Plunkett (« L’heure est celle de l’Esprit Saint, non celle de groupuscules passéistes. L’Esprit Saint est à l’oeuvre dans l’Eglise. Ne laissons pas l’opinion catholique se fourvoyer auprès d’agitateurs ! »)

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Tenter de trouver avec notre prochain un terrain commun d’humanité
« Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils soient. Un temps de partage de notre amitié, de notre joie. [...] Un temps de prière, aussi : attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment- là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre-ensemble. »
Père Jacques Hamel
dans le bulletin paroissial de l’église Saint-Étienne, en juin, avant son assassinat
La compassion est en train de quitter notre monde

" "A ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l'agapê des chrétiens.
Aujourd'hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. A petits pas. Insidieusement. Or, avec la compassion, c'est le bonheur de vivre qui s'en va. Disons même la gaieté.
Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos "fêtes" sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l'époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l'esprit.
La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c'est celle de l'aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous "engagent".
Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens."

Paroles partagées par Jean-Claude Guillebaud en conférence en 2015 à Briec-de-l'Odet (29).