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Soutenir le pape François

Pape-FrancoisRumeur de « tumeur au cerveau », coming-out d’un prêtre polonais à la veille du synode, courrier critique adressé au Saint Père et signé par 13 pères synodaux, monsignori qui manœuvrent pour affaiblir son image et son charisme, ne sont que la partie visible de tout un courant d’oppositions au pape François fait de déloyauté, de racontars, d’attaque systématiques et tout aussi farouches et virulentes que basses et subtiles. Et là où le pouvoir est plus grand (c’est à dire au Vatican et dans les instances institutionnelles), plus grande est l’opposition. On pourrait s’en détourner et ne pas en tenir compte.
Mais il s’agit d’un véritable combat :Celui d’un combat d’une conception administrative de l’exercice du « pouvoir ecclésial » face à un agir évangélique d’amour et de miséricorde. Comme si l’Eglise était une fin en soi et non au service de cet agir.
Combat du pouvoir de l’argent, des privilèges et des avantages de certains (qui agissent avec efficacité, il faut le reconnaître), pour étouffer « La joie de l’Evangile ».
Combat de la rigueur de la loi et de la lettre face à la nouveauté de l’Esprit qu’on veut éteindre, et à la liberté qu’apporte l’Evangile qu’on veut mettre sous le boisseau…
Combat encore entre ce qui relève de la joyeuse adhésion de foi au Christ ressuscité et la triste participation à une religion mortifère…
Apocalypse_vasnetsovNous pourrions reprendre dans les Exercices spirituels de Saint Ignace, pour illustrer toutes ces tensions, l’image du spectacle d’un champ de bataille où s’affrontent la vie et la mort, le bien et le mal, et où les hommes se préparent à combattre sous l’un des Deux Étendards, celui de Christ ou celui de Satan. Les rebellions dans notre Eglise ne seraient-elles pas de cet ordre ?…

Il est, je crois, tout un peuple ecclésial, encore silencieux, mais qui dit, de plus en plus, sa soif d’exigences de conversion de la part de ses pasteurs. Pour eux, rien n’encourage plus à vivre la joie de l’Évangile que le bon exemple de ces hommes appelés à guider les croyants en Eglise sans les enfermer dans une religion sclérosée.
Tout ce « peuple de la base », dans une Eglise encore trop pyramidale, pressant un combat encore plus essentiel : celui de l’unité. Comme s’ il portait en lui, viscéralement, le cri de Jésus la veille de sa mort : « Que tous soient un ».
Car trop c’est trop.
Tout comme le monde aujourd’hui, il a besoin de miséricorde, de Paix dans les les cœurs, de fraternité vraie dans les échanges, dans un monde de violence et de brutalité. Et on ne mesure peut-être pas combien l’Eglise est en train de faillir à sa mission : par le manque de fidélité de certains à l’Évangile et au Christ, dans le fait qu’ils prennent des routes de divisions et de conflits, en n’étant pas rivages de tendresse et d’Amour qui sont la mission première du corps ecclésial.
Ce peuple, nous en faisons partie. C’est chacun de nous. Et nous, et moi, comment est-ce que je me situe ? Quel est mon camp, mon étendard ? Et comment garder l’unité et ne pas tomber dans un fonctionnement binaire et exclusif ? Peut-être en inondant nos rivages de vie de cette miséricorde et de cette espérance forte que l’Amour sera vainqueur…en les vivant… Allons-y !

Ce peuple dans sa majorité soutient le pape François de sa prière humble et reconnaissante.
Nous voudrions vous partager la lettre pleine de tendresse filiale du soutien en ce sens de Léonardo Boff, théologien brésilien, qu’il adresse au pape François. Nous pouvons la faire nôtre. Nous pouvons aussi manifester notre adhésion à ce texte en final de ce courrier que voici.
Xavier

leonardo-boff-brazil-2046946Cher Pape François,

En Amérique latine, au Brésil, aux Caraïbes et dans d’autres parties du monde, nous sommes nombreux à nous inquiéter de l’attitude fermée et des attaques commises à votre encontre par des groupes conservateurs, minoritaires mais puissants, provenant de l’intérieur et de l’extérieur de l’Eglise. Nous avons assisté, perplexes, à un phénomène qui ne s’était pas produit durant les derniers siècles : la rébellion de cardinaux conservateurs contre votre manière de conduire le Synode et surtout l’Eglise Universelle.
La lettre, strictement personnelle qu’ils vous ont envoyée, a été diffusée à la presse, comme lors de la parution de l’encyclique Laudato Si’, violant clairement les principes de l’éthique journalistique.
Ces groupes conservateurs revendiquent un retour à un modèle d’Eglise du passé, davantage conçue comme une forteresse fermée que comme un « hôpital de campagne aux portes ouvertes pour accueillir quiconque frappe pour demander aide et soutien » ; une Eglise qui doit « chercher, accueillir et accompagner l’homme de notre temps, parce qu’une Eglise aux portes closes se trahit elle-même et trahit sa mission, et au lieu d’être un pont devient une barrière ». Voilà les courageuses paroles que vous avez prononcées.
Les attitudes pastorales d’une Eglise que vous proposez dans vos discours et gestes symboliques se caractérisent par un amour chaleureux, par une rencontre vivante entre les personnes et avec le Christ présent en nous, par une miséricorde sans limite, par une « révolution de la tendresse » et par la conversion pastorale. Ceci implique que le pasteur porte « l’odeur de ses brebis », parce qu’il vit avec elles et les accompagne tout au long de leur chemin.
Nous regrettons que ces groupes conservateurs soient uniquement capables de dire non. Non à l’eucharistie pour les divorcés remariés ; non à la reconnaissance des homosexuels, non à une quelconque ouverture au monde qui implique des changements substantiels.
Nous devons rappeler à ces frères les éléments les plus évidents du message de Jésus. Lui, n’est pas venu au monde pour dire non. Au contraire, il est venu dire oui. Saint Paul, dans la seconde lettre aux Corinthiens nous rappelle qu’« en Jésus il n’y a que le Oui. En effet, pour toutes les promesses de Dieu, c’est en Jésus que se trouve le Oui » (2Cor 1,20).
Dans l’Evangile de Saint Jean, Jésus dit explicitement : « Je ne rejetterai pas celui qui vient à moi » (Jn 6,37). Qu’il s’agisse d’une prostituée, d’un lépreux, d’un théologien craintif comme Nicomède, il les accueillait tous avec amour et miséricorde.
La caractéristique fondamentale du Dieu de Jésus, “Abba”, est sa miséricorde sans limite (Lc 6,36) et son amour préférentiel pour les pauvres, les malades, les pêcheurs (Lc 5,32; 6,21). Plus que de vouloir fonder une nouvelle religion de pieux paroissiens, Jésus est venu nous enseigner à vivre et à concrétiser les manifestations du Royaume de Dieu : l’amour, la compassion, le pardon, la solidarité, la faim et soif de justice et le fait de se sentir aimés comme filles et fils de Dieu.
Les atteintes visant à délégitimer votre manière d’être Evêque de Rome et Pape de l’Eglise universelle resteront vaines. Car rien ne résiste à la bonté et à la tendresse, que vous incarnez merveilleusement. L’histoire nous montre que quand le pouvoir prédomine, comme ceux-ci le souhaiteraient, l’amour disparaît et la miséricorde s’éteint, alors que ce sont les valeurs centrales de votre prédication et de celle de Jésus.

planet-earth-9Dans ce contexte, en tant que chrétiens ouverts aux défis du monde actuel, face à une nouvelle phase planétaire et aux menaces qui pèsent sur le système-vie et le système-terre (comme vous les avez courageusement évoquées dans votre encyclique Laudato Si’ pour la « sauvegarde de notre maison commune »), nous voulons resserrer les rangs à vos côtés et vous manifester notre soutien entier. Nous soutenons votre ministère, votre vision pastorale et ouverte de l’Eglise et cette manière charismatique de nous faire sentir de nouveau dans l’Eglise comme dans notre foyer spirituel. Et tant de personnes d’autres Eglises, religions et du monde séculaire encouragent et admirent également votre manière de parler et d’agir.
Il est très significatif que la grande majorité des catholiques vive en Amérique, en Afrique ou en Asie, continents où le dialogue entre les cultures est marqué par la vitalité et la créativité, dévoilant de multiples visages de la même Eglise du Christ. Aujourd’hui, seuls 25% des catholiques vivent en Europe. L’Eglise catholique est donc une Eglise du Sud et de l’Est. Le futur de l’Eglise se joue dans ces régions où l’Esprit souffle avec force. Ignorer ce fait marquant, c’est être européocentré ou vaticanocentré.

imgresL’Eglise catholique ne peut être otage de la culture occidentale, qui reste une culture régionale, même si elle a accumulé de grands mérites. Il est nécessaire qu’elle se désoccidentalise, en s’ouvrant à un processus de mondialisation qui favorise la rencontre des cultures et les chemins spirituels.
Cher Pape François, vous suivez le chemin du Christ et des apôtres, qui furent également à leur époque incompris, calomniés et poursuivis.
Mais nous sommes tranquilles car nous savons que vous vivez ces épreuves dans l’esprit des Béatitudes. Vous les supportez avec humilité. Vous demandez pardon pour les péchés de l’Eglise et vous suivez les pas du Nazaréen.
Nous voulons être à vos côtés et vous appuyer dans votre vision évangélique et libératrice de l’Eglise. Nous voulons vous donner le courage et la force intérieur pour que vous puissiez actualiser, en paroles et en gestes, la tradition de Jésus, faite d’amour, de miséricorde, de compassion, d’intimité avec Dieu et de solidarité avec l’humanité qui souffre.
Enfin, cher Pape François, puissiez-vous continuer à montrer à tous que l’évangile est une bonne nouvelle pour l’ensemble de l’humanité et que le message chrétien est une force inspiratrice pour « la sauvegarde de notre maison commune ». Il annonce avant l’heure une Terre réconciliée avec elle-même, avec tous les êtres humains, avec la nature et surtout, avec le Père nous montrant qu’il possède des traits maternels de bonté infinie et de tendresse. A terme, nous pourrons dire tous ensemble : « Tout cela était bon » (Gn 1,31).

Pour manifester votre soutien vous pouvez envoyer à l’adresse valecarusi@gmail.com de l’Ambassade argentine auprès du Vatican un courriel du type : « Je fais mien les propos de Léonardo Boff soutenant le pape François. J’adresse à ce dernier toute ma solidarité et lui affirme mon unité par mes prières… » ou quelque chose de ce genre…
Autre moyen : partager votre avis dans la rubrique « commentaires » ci-dessous… et partager le lien de cette page autour de vous…

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Tenter de trouver avec notre prochain un terrain commun d’humanité
« Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel. Un temps de rencontre, avec des proches, des amis : un moment pour prendre le temps de vivre quelque chose ensemble. Un moment pour être attentif aux autres, quels qu’ils soient. Un temps de partage de notre amitié, de notre joie. [...] Un temps de prière, aussi : attentifs à ce qui se passera dans notre monde à ce moment- là. Prions pour ceux qui en ont le plus besoin, pour la paix, pour un meilleur vivre-ensemble. »
Père Jacques Hamel
dans le bulletin paroissial de l’église Saint-Étienne, en juin, avant son assassinat
La compassion est en train de quitter notre monde

" "A ceux qui se demandent quel sorte de manque ronge silencieusement nos sociétés, il faut répondre : la compassion. Cette sollicitude spontanée que les bouddhistes appellent la maitrise et qui est assez proche, au fond, de l'agapê des chrétiens.
Aujourd'hui, on a beau prendre la réalité contemporaine par tous les bouts, une évidence crève les yeux : la compassion est en train de quitter notre monde. A petits pas. Insidieusement. Or, avec la compassion, c'est le bonheur de vivre qui s'en va. Disons même la gaieté.
Nos rires deviennent tristes. Notre sérieux est navrant. Nos prudences sont moroses. Nos "fêtes" sont sans lendemain. Nos plaisirs sont boulimiques et plutôt enfantins. Tout se passe comme si la frénésie jouisseuse de l'époque cachait une sécheresse de cœur et une stérilité de l'esprit.
La gaieté véritable, celle que nous sommes en train de perdre, c'est celle de l'aube, des printemps, des projets. Elle se caractérise par une impatience du lendemain, par des rêves de fondation, par des curiosités ou des colères véritables : celles qui nous "engagent".
Cette vitalité joyeuse ne doit pas être abandonnée à la contrebande des amuseurs médiatiques ou des clowns politiciens."

Paroles partagées par Jean-Claude Guillebaud en conférence en 2015 à Briec-de-l'Odet (29).